Tribune contre la criminalisation du sauvetage en mer

Tribune contre la criminalisation du sauvetage en mer

« Nous, députés de tous bords, nous opposons fermement à la dérive inquiétante qui consiste à emprisonner des personnes qui sauvent des vies. C’est le cas de la jeune capitaine du Sea Watch 3, arrêtée par la police italienne le 29 juin pour avoir accosté sans autorisation, après un blocage de 17 jours dans le port de Lampedusa. Ce bateau transportait une quarantaine de migrants dont l’état de santé était précaire, sans qu’aucune solution ne soit apportée.

Nous apprenons la libération de Carole Rackete qui fait par ailleurs toujours l’objet d’une enquête. Pia Klemp, autre capitaine qui a également sauvé de nombreuses vies en Méditerranée, reste poursuivie par la justice italienne. L’arrestation et la poursuite de ces deux femmes ont soulevé l’indignation au-delà des frontières. Ni elles, ni leurs équipages, ni les ONG propriétaires des bateaux, ne peuvent être passibles de sanctions pour des actes humanitaires.

« Trouver un mécanisme de débarquement pour que la responsabilité ne repose pas sur un seul État mais sur plusieurs »

Le droit maritime international impose de sauver les naufragés mais leur accueil reste trop flou et la collaboration entre les pays de premier accueil et les autres n’est pas établie avec des règles suffisamment claires, entraînant ainsi des situations de blocage comme celle qu’ont connue les demandeurs d’asile du Sea Watch, en dépit de leur état de santé dégradé.

Nous sommes conscients de cette difficulté et du chemin qui reste à faire pour un meilleur partage des responsabilités entre nos pays.

Nous demandons que les États européens se mettent d’accord au plus vite pour trouver au niveau européen un mécanisme de débarquement qui permette que la responsabilité ne repose pas sur un seul État mais sur plusieurs.

Nous demandons aussi que le débat sur la dépénalisation du délit de solidarité (décidée en France par le Conseil constitutionnel, le 6 juillet 2018), soit ouvert au niveau européen, afin que le ‘principe de fraternité’ gagne du terrain.

Pour que l’Europe reste une terre d’humanité! »

Liste des signataires de la tribune :  

Nadia ESSAYAN, Députée du Cher, MODEM

Manuéla KECLARD-MONDESIR, Députée de Martinique, Gauche Démocrate et Républicaine

Mounir BELHAMITI, Député de Loire-Atlantique, LREM

Sarah EL HAÏRY, Députée Loire-Atlantique, MODEM

Erwan BALANANT, Député du Finistère, MODEM

Olivier DEMAISIN, Député de Lot-et-Garonne, LREM

Matthieu ORPHELIN, Député de Maine-et-Loire, LREM

Stéphane CLAIREAUX, Député de Saint-Pierre et Miquelon, LREM

Géraldine BANNIER, Députée de la Mayenne, MODEM

Sophie METTE, Députée de Gironde, MODEM

Mohamed LAQHILA, Député des Bouches-du-Rhône, MODEM

Jean-Charles LARSONNEUR, Député du Finistère, LREM

Jean-Paul MATTEI, Député des Pyrénées-Atlantiques, MODEM

Nicolas TURQUOIS, Député de la Vienne, MODEM

Joël GIRAUD, Député des Hautes-Alpes, LREM

Richard RAMOS, Député du Loiret, MODEM

Marguerite DEPREZ-AUDEBERT, Députée du Pas-de-Calais, MODEM

Max MATHIASIN, Député de la Guadeloupe, MODEM

Bénédicte PÉTELLE, Députée des Hauts-de-Seine, LREM

François-Michel LAMBERT, Député des Bouches-du-Rhône, UDE, Libertés et Territoires

Sylvia PINEL, Députée de Tarn-et-Garonne, Parti Radical de Gauche

Michel CASTELLANI, Député de Haute-Corse, Libertés et Territoires

Brahim HAMMOUCHE, Député de Moselle, MODEM

Aurore BERGÉ, Députée des Yvelines, LREM

Éric BOTHOREL, Député des Côtes-d’Armor, LREM

Isabelle FLORENNES, Députée des Hauts-de-Seine, MODEM

Martine WONNER, Députée du Bas-Rhin, LREM

Delphine BATHO, Députée des Deux-Sèvres, Non-inscrite

Cécile RILHAC, Députée du Val-d’Oise, LREM

Jacques KRABAL, Député de l’Aisne, LREM

Jimmy PAHUN, Député du Morbihan, MODEM

Philippe MICHEL-KLEISBAUER, Député du Var, MODEM

Stéphane TROMPILLE, Député de l’Ain, LREM

Jennifer DE TEMMERMAN, Députée du Nord, LREM

Patrice PERROT, Député de la Nièvre, LREM

Stéphane BUCHOU, Député de la Vendée, LREM

Éric ALAUZET, Député du Doubs, LREM

Hubert JULIEN-LAFERRIERE, Député du Rhône, LREM

François CORMIER-BOULIGEON, Député du Cher, LREM

Stéphane TESTÉ, Député de Seine-Saint-Denis, LREM

Florence GRANJUS, Députée des Yvelines, LREM

Albane GAILLOT, Députée du Val-de-Marne, LREM

Bertrand SORRE, Député de la Manche, LREM

Justine BENIN, Députée de Guadeloupe, MODEM

Loïc DOMBREVAL, Député des Alpes-Maritimes, LREM

Josy POUEYTO, Députée des Pyrénées-Atlantiques, MODEM

Lénaïck ADAM, Député de la Guyane, LREM

Mireille CLAPOT, Députée de la Drôme, LREM

Éric GIRARDIN, Député de la Marne, LREM

Sira SYLLA, Députée de Seine-Maritime, LREM

Damien PICHEREAU, Député de la Sarthe, LREM

Ericka BAREIGTS, Députée de La Réunion, Parti Socialiste

Anissa KHEDHER, Députée du Rhône, LREM

Paul MOLAC, Député du Morbihan, Libertés et Territoires

Bruno JONCOUR, Député des Côtes-d’Armor, MODEM

Jean-Louis TOURAINE, Député du Rhône, LREM

Frédéric PETIT, Député des français établis en Allemagne et Europe centrale, MODEM

Florence PROVENDIER, Députée des Hauts-de-Seine, LREM

Bertrand PANCHER, Député de la Meuse, Libertés et Territoires

Laurence VANCEUNEBROCK-MIALON, Députée de l’Allier

Paul-André COLOMBANI, Député de Haute-Corse, Libertés et Territoires

Marie TAMARELLE-VERHAEGHE, Députée de l’Eure, LREM

Barbara POMPILI, Députée de la Somme, LREM

Tribune contre l’abandon d’animaux de compagnies

Nous sommes plus de 240 parlementaires à avoir signé une tribune dans le Journal du Dimanche, contre l’abandon des animaux de compagnie.

Un être sensible ne se jette pas. 63 millions d’animaux de compagnie sont recensés en France. Plus d’un foyer sur deux possède au moins un animal de compagnie, devenu un membre à part entière de la famille.

Comment accepter alors que 100 000 chiens et chats soient abandonnés chaque année dans notre pays ? Un triste record européen ! Manifestement, le durcissement pénal de la sanction de l’abandon – 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende – n’a pas obtenu l’effet escompté.

Les causes de l’abandon sont multiples : achat impulsif, contraintes financières mal évaluées à l’achat, difficultés économiques, décès, hospitalisation, entrée en EHPAD, déficit d’accueil et de prise en charge des animaux par les collectivités, dans les transports ou les infrastructures touristiques…

Mais ce constat n’est pas une fatalité et les leviers réglementaires ou législatifs à notre disposition sont nombreux : la principale mesure de prévention de l’abandon est l’identification des chiens et des chats qui a été rendue obligatoire respectivement en 1999 et 2012. Mais son efficacité n’est que relative. Cette obligation d’identification ne prévoit en effet aucune sanction, ce qui, s’ajoutant à un déficit de contrôle, nous apparaît comme la cause majeure de son inefficacité.

La stérilisation obligatoire des chats est entrée en vigueur dans certaines régions belges. C’est une mesure unique en Europe dont il conviendrait de s’inspirer afin d’éviter les abandons de portées et la multiplication des îlots de chats errants dans nos communes.

La moralisation du commerce des animaux est également une piste à poursuivre. La présence d’animaux en vente dans des rayons et les facilités de paiement proposées assimilent les animaux à des biens de consommation et génèrent des achats irréfléchis qui favorisent l’abandon.

Par ailleurs, certaines plateformes de vente en ligne n’ont pas interdit les transactions d’animaux. Il s’agit pour nous d’un chantier prioritaire pour prévenir l’abandon. Il est nécessaire également que les commerces et organismes de vente d’animaux de compagnie soient contraints d’informer leurs clients des risques encourus en cas d’abandon ou de maltraitance de leur animal.

Les nombreux bienfaits sur la santé de la possession d’animaux de compagnie sont prouvés scientifiquement. Nous devons donc faire en sorte que les établissements chargés de l’accueil des personnes âgées ou dépendantes acceptent le résident accompagné de son animal.

Enfin les programmes scolaires en classes primaires doivent sensibiliser les enfants à leur responsabilité envers les animaux de sorte que « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry soit présent à leur esprit : « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. » Nous, parlementaires sensibles à la condition animale, devons prendre notre part de responsabilité et nous mobiliser. C’est pourquoi nous nous engageons à déposer une proposition de loi pour en finir avec ces abandons massifs, indignes d’une société civilisée et de notre pays.

Les cosignataires : Loïc DOMBREVAL Corinne VIGNON Aurore BERGE Samantha CAZEBONNE Anne-Laurence PETEL Carole BUREAU-BONNARD Laëtitia ROMEIRO DIAS Emilie GUEREL Dimitri HAUBRON Dominique DA SILVA Cédric VILLANI Barbara POMPILI Audrey DUFEU SCHUBERT Damien PICHEREAU Hélène ZANNIER Thyphanie DEGOIS Nathalie SARLES Philippe CHALUMEAU Claire O’PETIT Lise MAGNIER Laurent GARCIA Éric ALAUZET Anissa KHEDHER Michèle PEYRON Régis JUANICO Stéphane TESTE Didier BAICHERE Stéphanie RIST Robin REDA Éric GIRARDIN Sébastien CHENU Jean-Michel MIS Olivier DAMAISIN Luc CARVOUNAS Christophe NAEGELEN Jean-Philippe ARDOUIN Pascal LAVERGNE Jacques MARILOSSIAN Alexandra LOUIS Cyrille ISAAC-SIBILLE Jean-Louis TOURAINE Anne GENETET Jean-Christophe LAGARDE Michel LAUZZANA Florence GRANJUS Erwan BALANANT Stéphanie CERBARH Coralie DUBOST Bruno BILDE Laurence TRASTOUR-ISNART François PUPPONI Séverine GIPSON Nathalie BASSIRE Xavier BATUT Benoit POTTERIE Yannick HAURY Laurianne ROSSI Martine LEGUILLE-BALLOY Vincent LEDOUX Éric STRAUMANN Emmanuelle MENARD Thibaut BAZIN Béatrice DECAMPS Maud PETIT Philippe MICHEL-KLEISBAUER Bernard PERRUT Marine BRENIER Alexandra VALETTA ARDISSON Nicole TRISSE Grégory BESSON-MOREAU Jean-Marc ZULESI Bertrand PANCHER Matthieu ORPHELIN Frédérique TUFFNELL Bertrand BOUYX Nicole LE PEIH Mohamed LAKHILA Nadia ESSAYAN Joël GIRAUD Nicolas DUPONT-AIGNAN Meyer HABIB Françoise DUMAS Perrine GOULET François MICHEL-LAMBERT Vincent THIEBAUT Valérie PETIT Damien ADAM Claude GOASGUEN Sandrine LE FEUR Philippe GOSSELIN Annie CHAPELIER Pascale BOYER Jean-Charles COLAS ROY Éric DIARD Marie-France LORHO Jean-Luc WARSMANN Jean-Luc REITZER Guy BRICOUT Michel ZUMKELLER Didier MARTIN Patrice PERROT Elisabeth TOUTUT-PICARD

Tribune publiée dans Le Monde – Faire des centres d’appels un levier d’inclusion sociale et de développement économique

Tribune publiée dans Le Monde – Faire des centres d’appels un levier d’inclusion sociale et de développement économique

Quel secteur de l’économie française pèse aujourd’hui 264 000 emplois, occupe près de 1 % de la population active française et peut perdre plus de 20 000 postes de travail en une seule année (« International Customer Contact Benchmark 2016 ») ? Quel secteur connaît, au nom d’un dumping social sans fin, des délocalisations croissantes menaçant, à terme, son existence même ?

Il s’agit du secteur des centres d’appels, qui, de la télévente au service après-vente, est devenu un élément indispensable de la stratégie commerciale et de relation client des entreprises.

Des situations de chômage préjudiciables

Ce secteur existe au quotidien à travers toutes ces voix qui nous répondent (ou parfois nous démarchent) et nous délivrent informations et services. Il recouvre 3 500 centres de contacts en France, disséminés en interne au sein des organisations ou « externalisés » chez leurs prestataires spécialisés. Il emploie de nombreux jeunes, une majorité de femmes et facilite l’accès à l’emploi tout en devant satisfaire à une exigence croissante de formation. Ces plateaux d’appels se trouvent partout en France, souvent dans des bassins d’emplois fragilisés et en ayant bénéficié de l’investissement des collectivités.

Le secteur voit régulièrement augmenter le nombre d’emplois délocalisés ou directement créés hors du territoire, au nom d’une double logique de réduction des coûts et de recherche d’une flexibilité accrue. Ces « gains » sont à relativiser grandement car les délocalisations possèdent de nombreux coûts cachés : formation, conformité, contrôle qualité, sécurité, etc.

Par ailleurs, ces délocalisations génèrent des situations de chômage préjudiciables, aussi bien aux individus concernés et à leurs familles qu’aux territoires concernés et à l’ensemble de la collectivité qui doit en supporter le coût social et économique. De plus, la qualité de service liée à la relation client s’en trouve fortement dégradée. Ce qui porte atteinte à l’image et à la réputation des entreprises, diminuant ainsi leur capital immatériel en ayant, à moyen terme, un impact sur leur potentiel commercial et leurs résultats.

Un levier de promotion

Dans un contexte de chômage de masse persistant, de territoires fragilisés en matière d’emplois et d’activité mais aussi de responsabilisation grandissante de tous les acteurs, nous pensons que l’heure d’une mobilisation générale est venue ! Le secteur des centres d’appels peut constituer un levier décisif dans l’indispensable lutte contre toutes les formes de relégation. Parce qu’il facilite l’accès à l’emploi des populations locales en ne faisant pas d’une qualification préalable un obstacle. Parce qu’il forme et professionnalise. Mais aussi parce que, confronté à la numérisation de la relation client, il permet une montée en compétences adaptée à l’innovation et créatrice d’emplois à valeur ajoutée.

Si rien n’est fait, si les délocalisations deviennent la règle, si, par ailleurs, la formation, les conditions de travail et les perspectives professionnelles ne sont pas optimisées, si l’amélioration de la qualité du service apporté ne devient pas plus importante que la seule réduction du coût minute, alors le prix à payer sera triple. Il sera social avec la perte des emplois, politique en précipitant les « perdants » de la mondialisation dans les bras des populistes, et économique, enfin, avec des organisations dont l’image sera abîmée de manière proportionnelle à l’insatisfaction de leurs clients et usagers.

En mai 2017, treize grandes entreprises opérant en Italie ont ainsi signé un code de bonne conduite qui a permis de fixer un seuil maximal de délocalisation des activités de relation client

Nous saluons la mobilisation de certains élus qui, dans le cadre de l’examen de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), font de ces enjeux un sujet digne du débat public. Une obligation d’information, visant à obliger toute entreprise ou organisation utilisant un centre d’appels à informer ses correspondants téléphoniques sur le ou les pays d’implantation desdits centres, est notamment en discussion.

Cette information pourrait permettre aux utilisateurs d’intégrer le critère de localisation dans le choix éventuel de leur fournisseur de biens ou de services. Elle pourrait aussi permettre aux entreprises faisant le choix d’opérer leur service de relation client en France d’utiliser leur engagement en faveur de l’emploi comme un levier de promotion de leur image auprès des utilisateurs et des consommateurs. L’objectif n’étant pas de stigmatiser les salariés opérant des pays étrangers mais de partager les emplois selon des critères de valeur ajoutée et de trouver des clés de répartition qui ne soient pas contraires aux objectifs légitimes de codéveloppement.

Un diagnostic et des actions

Pour autant, nous refusons le cynisme de ceux qui maquillent le dumping social sous les oripeaux du développement international et nous récusons la vraie ou fausse naïveté du « laisser-faire laisser-aller » qui enkyste le chômage et assigne à résidence, dans des territoires perdus, les moins armés pour la compétition internationale.

Nous devons et nous pouvons agir ! Nous voulons travailler ensemble à faire de ce secteur un levier d’inclusion sociale et de développement économique, pouvant profiter à ses parties prenantes comme à l’ensemble de la société. Le « protocole italien » constitue pour nous une intéressante base de travail. En mai 2017, treize grandes entreprises opérant en Italie ont ainsi signé un code de bonne conduite qui a permis de fixer un seuil maximal de délocalisation des activités de relation client. Il a conduit à une forte (re)localisation des emplois, il a garanti les différents critères de la qualité de service et il a engagé ses signataires au mieux-disant en matière de protection sociale.

Elus, entrepreneurs, salariés, experts, nous ne voulons plus nous satisfaire de réponses qui soulignent toutes la légitimité de notre engagement mais remettent toujours à demain le travail concret sur les enjeux du secteur. Nous créons un collectif inédit, ouvert à tous les acteurs concernés. Notre feuille de route est claire et opérationnelle : établir dans les six mois qui viennent un diagnostic partagé et proposer puis mettre en œuvre un ensemble d’actions favorables à la croissance du secteur, renforçant son attractivité et garantissant le plus haut niveau possible d’emploi dans nos territoires.

Parce que nous croyons à la force de l’intelligence collective, à la pertinence des solutions construites au plus près du terrain et à une responsabilité synonyme de création de richesse sociale et économique, nous invitons tous les acteurs partageant nos valeurs à nous rejoindre et à venir enrichir notre travail !

 

Publié le 25 février 2019 à 12h24 – Mis à jour le 25 février 2019 à 13h42

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/25/il-faut-faire-des-centres-d-appels-un-levier-d-inclusion-sociale-et-de-developpement-economique_5427992_3232.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1551099867

 

Liste des députés signataires : Bérangère Abba (La République en marche, Haute-Marne), Erwan Balanant (MoDem, Finistère), Philippe Chalumeau (LRM, Indre-et-Loire), Jean-Pierre Cubertaton (MoDem, Dordogne), Olivier Damaisin (LRM, Lot-et-Garonne), Sarah El Haïry (MoDem, Loire-Atlantique), Laurent Garcia (apparenté MoDem, Meurthe-et-Moselle), Danièle Hérin (LRM, Aude), Régis Juanico (apparenté Parti socialiste, Loire), Jacques Marilossian (LRM, Hauts-de-Seine), Jean-François Mbaye (LRM, Val-de-Marne), Ludovic Mendes (LRM, Moselle), Jean-Michel Mis (LRM, Loire), Patrice Perrot (LRM, Nièvre), Damien Pichereau (LRM, Sarthe), Jean-Pierre Pont (LRM, Pas-de-Calais), Pierre-Alain Raphan (LRM, Essonne), Laurianne Rossi (LRM, Hauts-de-Seine), Nathalie Sarles (LRM, Loire), Stéphane Teste (LRM, Seine-Saint-Denis), Jean-Marc Zulesi (LRM des Bouches-du-Rhône).

Liste des sénateurs signataires : Julien Bargeton (LRM, Paris), Martial Bourquin (PS, Doubs), Roland Courteau (PS, Aude), Cécile Cukierman (PCF, Loire), Yves Daudigny (PS, Aisne), Laurent Duplomb (Les Républicains, Haute-Loire), Fabien Gay (Parti communiste français, Seine-Saint-Denis), Joël Labbé (apparenté au Rassemblement démocratique et social européen, Morbihan), Brigitte Micouleau (LR, Haute-Garonne), Franck Montaugé (PS, Gers), Yannick Vaugrenard (PS, Loire-Atlantique).

Autres élus : Marc Chavanne, maire (DVG) de Saint-Jean-Bonnefonds (Loire), Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon, Gaël Perdriau, maire (LR) de Saint-Etienne, Pierre Augey, maire (PCF) de Fargues (Gironde).

Autres signataires : François Hommeril, président de la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), Vincent Hernandez, secrétaire général de la Fédération nationale des énergies-Force ouvrière (FNEM-FO), William Viry-Allemoz, secrétaire général de la Fédération énergies (CFE-CGC), Chakil Mahter, président et fondateur de Voxens.

Tribune publiée dans Le Monde – Appel pour un « lundi vert » sans viande ni poisson

Tribune publiée dans Le Monde – Appel pour un « lundi vert » sans viande ni poisson

« L’appel des 500 pour un « lundi vert » : « Nous nous engageons à remplacer la viande et le poisson chaque lundi »

Quelque 500 personnalités, parmi lesquelles Isabelle Autissier, Juliette Binoche ou Matthieu Ricard, s’engagent à remplacer chaque lundi la viande et le poisson.

Tribune. Il existe aujourd’hui des raisons impératives de diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France. Nous pensons que chaque personne peut faire un pas significatif dans ce sens pour l’un ou l’autre des motifs suivants : la sauvegarde de la planète, la santé des personnes, le respect de la vie animale. Nous nous engageons à titre personnel à remplacer la viande et le poisson chaque lundi (ou à aller plus loin dans ce sens). Voici les arguments qui nous semblent décisifs.

La production de viande est l’une des activités humaines ayant les conséquences les plus néfastes pour l’environnement. Elle constitue un gaspillage des ressources naturelles. Selon l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, produire une seule calorie de viande nécessite 4 à 11 calories végétales.

S’alimenter avec des végétaux plutôt qu’alimenter des animaux avec des végétaux pour ensuite les consommer permettrait de dégager de 2 à 20 fois plus de protéines par hectare cultivé, et par conséquent de répondre de manière plus rationnelle aux défis alimentaires de la planète dans un contexte de population croissante. L’élevage représente aussi une cause principale de déforestation et de perte de biodiversité. Par exemple, 85 % des surfaces déboisées de la forêt d’Amérique du Sud ont été dédiées à l’élevage.

De plus, il contribue selon les Nations unies à 14,5 % des émissions totales des gaz à effet de serre. Il est donc possible de considérer, comme le fait le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qu’« une journée sans viande peut aider à lutter contre le changement climatique ».

Une cause certaine de cancer

Enfin, l’élevage consomme une quantité très importante d’eau potable. L’empreinte eau du bœuf par calorie est environ vingt fois supérieure à celle des céréales ou des féculents. L’élevage contribue aussi à la pollution de l’air. Par exemple, en France, environ 70 % des émissions d’ammoniaque, un des principaux précurseurs de particules fines PM25, sont issues de l’élevage. Les dégâts environnementaux de la consommation de chair animale sont également constatés en mer, où la surpêche représente une cause massive de destruction des écosystèmes et d’extinction écologique.

La santé humaine est la deuxième raison objective de limiter la consommation de chair animale. L’intérêt que les êtres humains ont développé pour la viande ne présente plus aujourd’hui les mêmes bénéfices que durant d’autres périodes de l’évolution humaine. Selon les autorités scientifiques, la viande n’est absolument pas indispensable à l’équilibre alimentaire : dans tous les pays développés, elle peut être remplacée par des végétaux, lesquels fournissent des protéines et des nutriments que l’organisme peut assimiler. Manger moins de viande serait même favorable à la santé en contribuant à atténuer le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi que la viande rouge transformée était en effet une cause certaine de cancer, tandis que la viande rouge non transformée en était une cause probable. Aujourd’hui, les Français consommant près de 100 g de viande chaque jour augmentent de 30 % leur probabilité de développer un cancer en comparaison à ceux qui se limitent à 40 g en moyenne.

Plus globalement, si l’humanité optait pour une alimentation entièrement à base de végétaux, le taux de mortalité humaine chuterait entre 6 % et 10 %. Enfin, les risques sanitaires liés à l’élevage industriel sont un autre préjudice majeur : les fermes industrielles qui regroupent des milliers d’animaux dans des espaces très confinés facilitent la propagation d’épidémies et de souches bactériennes dont certaines sont résistantes aux antibiotiques.

Mutilations systématiques sans anesthésie

Actuellement, en une année, 74 milliards d’animaux terrestres (mammifères et oiseaux) et entre 500 et 1 000 milliards d’animaux aquatiques sensibles (poissons, crustacés décapodes, et mollusques céphalopodes) sont tués pour la consommation humaine. Les recherches récentes en éthologie indiquent que ces animaux disposent de structures anatomiques et de capacités cognitives et sensorielles leur permettant de ressentir la douleur, et leurs comportements indiquent qu’ils sont affectés lorsqu’ils sont blessés (ou même, pour une grande partie d’entre eux, lorsqu’ils voient leurs congénères l’être).

En France, 99 % des lapins, 95 % des cochons, 90 % des veaux et 82 % des poulets de chair sont élevés de manière intensive, c’est-à-dire qu’ils sont confinés dans des cages ou des bâtiments fermés afin de les engraisser et les maintenir en vie jusqu’à leur abattage précoce. L’image commerciale d’animaux heureux en élevage (bio ou non) est presque toujours fausse. Pour éviter les blessures dues à l’entassement des animaux ou pour le goût de la viande, l’élevage procède à des mutilations systématiques sans anesthésie (becs, cornes, pattes, dents, queues, testicules).

Enfin, après avoir subi des conditions de transport souvent inadéquates et brutales, la moitié des animaux abattus en France sont encore conscients lorsqu’ils sont saignés. Le sort des poissons n’est pas plus enviable que celui des animaux terrestres. Par exemple, dans le cas de la pêche au chalut, d’immenses filets en forme d’entonnoir capturent tous les animaux qui s’y amassent, mêlés à divers débris.

Déversés sur de la glace, ils y agonisent asphyxiés, écrasés par les autres poissons ou meurent par éclatement de leurs organes internes à cause de la décompression. Si l’on en doutait encore, une commission d’experts qualifiés a établi qu’« il n’y a aucune bonne raison de conclure que les poissons seraient insensibles à la douleur ».

En conclusion, pour l’un ou plusieurs des arguments que nous venons de mentionner (la planète, la santé et les animaux), il nous semble à la fois rationnel, souhaitable et réaliste d’infléchir nos habitudes, en commençant par nos repas chaque lundi. Bien que ces évolutions de pratiques individuelles ne soient pas suffisantes pour produire tout le changement nécessaire (qui relève naturellement d’un niveau plus global), nous pensons qu’elles y contribuent. C’est donc l’engagement que nous prenons publiquement et que nous vous invitons à prendre avec nous. »

Article extrait du journal Le Monde, édition du 2/1/2019, disponible depuis ce lien :  https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/02/l-appel-des-500-pour-un-lundi-vert-nous-nous-engageons-a-remplacer-la-viande-et-le-poisson-chaque-lundi_5404460_3232.html

La liste de l’ensemble des signataires est disponible depuis ce lien : https://www.lundi-vert.fr/wp-content/uploads/2018/12/signataires.pdf

Tribune publiée dans le JDD – Condition animale : l’appel de 85 députés de tous bords

Tribune publiée dans le JDD – Condition animale : l’appel de 85 députés de tous bords

Les salariés de l’UE ne peuvent plus continuer à être exclus de la construction européenne

Matthieu Orphelin, Erwan Balanant, Barbara Pompili, Hugues Renson, Cédric Villani, Audé Luquet et 79 député-es de tous bords publient une tribune et se saisissent de la question du traitement réservé aux animaux. Voici notre texte.

« Selon un sondage Ifop de 2018, 7 Français sur 10 considèrent que les animaux sont mal défendus par les politiques. L’Assemblée nationale a adopté récemment le projet de loi dit « EGalim » qui comportait un article consacré à la question de leur bien-être. Parce que les Français réclament aujourd’hui des mesures fortes en la matière, cet article 13 a suscité d’immenses attentes… et autant de déceptions de la part des citoyens et des associations de protection animale.

Pourtant, des avancées ont été votées dans cette loi. Quelques exemples : l’extension du délit de maltraitance et le doublement des peines (qui passeront de six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende à un an et 15.000 euros d’amende), la possibilité offerte aux associations de se porter partie civile en cas de mauvais traitements sur les animaux, la nomination d’un responsable de leur protection disposant du statut de lanceur d’alerte dans chaque abattoir, ou encore la sensibilisation au bien-être animal dans les programmes d’enseignement et les formations agricoles.

Ces premiers pas sont-ils suffisants? Non. Mais nous saluons ces avancées qui ont, en outre, permis que la condition animale soit longuement débattue dans l’hémicycle, lui donnant ainsi l’importante visibilité qu’elle mérite. D’autres amendements à cet article 13 ont été rejetés, déclenchant la colère des associations et des citoyens défenseurs des animaux, colère relayée par les médias et les réseaux sociaux. Disons-le clairement : des pratiques de maltraitance vont persister dans notre pays, telles que le broyage vivant des poussins mâles ou la castration des porcelets sans anesthésie…

Il nous reste donc beaucoup de travail et d’énergie à déployer pour continuer à porter ce combat, partagé par de très nombreux Français. Mais ces derniers doivent se souvenir qu’il faut des majorités au Parlement pour faire ou modifier la loi. Pour les obtenir, il est nécessaire de prendre préalablement le temps d’argumenter et de convaincre afin de sortir de la seule émotion, en associant considérations éthiques, morales, philosophiques à des données scientifiques, objectives et chiffrées.

Toute avancée de la condition animale devra également tenir compte de la complexité du sujet : dans un contexte de crise économique frappant tout particulièrement le monde paysan, rien n’avancera sans considérer les intérêts et les enjeux économiques des filières agricoles.

La politique est l’art de rassembler. C’est aussi savoir renoncer à certains combats – parfois la mort dans l’âme – pour obtenir des accords, créer des majorités, et en gagner d’autres.

La condition animale n’échappera pas à cette méthode : il est impératif que les associations de protection, les citoyens et les députés sensibles à cette cause travaillent ensemble dans le même sens. Et, si l’on veut aller au-delà de réformes limitées ou anecdotiques, le traitement de cette étude requiert une approche interministérielle impliquant donc l’ensemble du gouvernement.

Notre pays serait fidèle à sa réputation de pays des Lumières, fidèle à Lamartine, Hugo, Schœlcher, Zola ou Yourcenar, qui tous liaient le progrès humain à la considération pour les animaux, s’il donnait en Europe une véritable impulsion à cette cause. En n’oubliant jamais que ce qui est en jeu est la défense non pas du seul bien-être animal, mais d’un bien-être liant condition animale, condition humaine et protection de l’environnement. »

Source – le JDD : https://www.lejdd.fr/politique/condition-animale-lappel-de-85-deputes-de-tous-bords-3761639

Tribune publiée dans Ouest-France : L’écologie avance !

Tribune publiée dans Ouest-France : L’écologie avance !

Les salariés de l’UE ne peuvent plus continuer à être exclus de la construction européenne

Matthieu Orphelin, Erwan Balanant, Sarah El Haïry, Hugues Renson, Barbara Pompili, Sacha Houlié, Sandrine Le Feur et 111 député-es de la majorité publient une tribune pour prendre la défense de l’action du gouvernement en matière écologique. Voici leur texte.

Depuis un an, l’action du gouvernement et de la majorité présidentielle est-elle à la hauteur des enjeux écologiques ? Nicolas Hulot et les écologistes qui l’accompagnent obtiennent-ils des avancées suffisantes ? Vaste débat !

Loin de nous l’idée de faire à la place de Nicolas Hulot le bilan qu’il a annoncé faire pour cet été.

Mais, avant cette évaluation, il est utile de partager quelques éléments factuels d’appréciation. Utile à celles et ceux qui veulent se forger une conviction, à certains qui doutent et qui voudraient -et ils ont à notre sens raison- que cela avance plus vite, à quelques écologistes politiques qui aiment tant crier à l’échec dans les médias, et dont les voix se mêlent à celles des lobbies qui voudraient eux aussi notre échec.

Pour faire le bilan, il faut bien sûr d’abord considérer ce sur quoi nous nous étions engagés dans le projet présidentiel porté par Emmanuel Macron. Quelques exemples parmi d’autres : fin des hydrocarbures en France, prime à la conversion automobile et bientôt prime à la rénovation énergétique dès la réalisation des travaux, basculement programmé vers une fiscalité écologique (contribution climat énergie, diesel), développement de l’économie circulaire et hausse de la TGAP décharge, fin des véhicules essence et diesel en 2040, 50% de produits de qualité dans la restauration collective d’ici 2022, séparation du conseil et de la vente des pesticides… Tout cela est fait ou en cours. Concrétiser nos engagements était le minimum ; notons que nos prédécesseurs n’avaient pas toujours eu cette volonté, nous conduisant à l’impasse (sur la date de 2025 sur le nucléaire, sur les importations d’huile de palme).
On est allé plus loin que le projet présidentiel

Mais notre action ne s’est pas limitée à ce qui était prévu dans le projet présidentiel. One planet summit, arrêt du projet d’aéroport à NDDL, objectif de neutralité carbone en 2050, sortie du glyphosate en 3 ans, concrétisation des 6 parcs éoliens en mer avec une utile renégociation financière, baisse de la TVA pour les collectivités sur la prévention et le tri des déchets, inscription du climat et de la biodiversité dans la constitution, 20% de bio dans les cantines scolaires et triplement des surfaces en bio, plans de diversification des protéines, prise en compte des migrations climatiques dans la loi française… Quel point commun entre toutes ces avancées ? Aucune n’était prévue dans notre projet présidentiel ! Aucune. Elles vont plus loin que notre projet initial et doivent beaucoup à Nicolas Hulot.
Beaucoup reste à faire

Enfin, les prochaines semaines seront déterminantes sur des points stratégiques. Arbitrages du plan vélo (infrastructures dédiées, généralisation de l’indemnité kilométrique vélo), mesures pour lutter contre la pollution de l’air, scénario retenu pour les infrastructures routières et ferroviaires pour les 20 années à venir -et mesures liées pour en assurer le financement-, programmation pluriannuelle de l’énergie pour concrétiser un nouveau rythme de déploiement des énergies renouvelables et de diminution du nucléaire, plan biodiversité et mesures pour mettre fin à l’artificialisation des sols, lutte contre la déforestation importée… Autant d’arbitrages (et de nécessaires budgets correspondants) si essentiels pour mettre notre pays sur la voie irréversible de la transition écologique.

Nous sommes lucides : rien n’est parfait et beaucoup reste à faire. Mais c’est sur cette base que le bilan devra donc être fait. Sereinement, et en conscience. Avec en tête la seule question qui vaille : sommes-nous à la hauteur des enjeux ?