Tribune publiée dans Le Monde – Appel pour un « lundi vert » sans viande ni poisson

Tribune publiée dans Le Monde – Appel pour un « lundi vert » sans viande ni poisson

« L’appel des 500 pour un « lundi vert » : « Nous nous engageons à remplacer la viande et le poisson chaque lundi »

Quelque 500 personnalités, parmi lesquelles Isabelle Autissier, Juliette Binoche ou Matthieu Ricard, s’engagent à remplacer chaque lundi la viande et le poisson.

Tribune. Il existe aujourd’hui des raisons impératives de diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France. Nous pensons que chaque personne peut faire un pas significatif dans ce sens pour l’un ou l’autre des motifs suivants : la sauvegarde de la planète, la santé des personnes, le respect de la vie animale. Nous nous engageons à titre personnel à remplacer la viande et le poisson chaque lundi (ou à aller plus loin dans ce sens). Voici les arguments qui nous semblent décisifs.

La production de viande est l’une des activités humaines ayant les conséquences les plus néfastes pour l’environnement. Elle constitue un gaspillage des ressources naturelles. Selon l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, produire une seule calorie de viande nécessite 4 à 11 calories végétales.

S’alimenter avec des végétaux plutôt qu’alimenter des animaux avec des végétaux pour ensuite les consommer permettrait de dégager de 2 à 20 fois plus de protéines par hectare cultivé, et par conséquent de répondre de manière plus rationnelle aux défis alimentaires de la planète dans un contexte de population croissante. L’élevage représente aussi une cause principale de déforestation et de perte de biodiversité. Par exemple, 85 % des surfaces déboisées de la forêt d’Amérique du Sud ont été dédiées à l’élevage.

De plus, il contribue selon les Nations unies à 14,5 % des émissions totales des gaz à effet de serre. Il est donc possible de considérer, comme le fait le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qu’« une journée sans viande peut aider à lutter contre le changement climatique ».

Une cause certaine de cancer

Enfin, l’élevage consomme une quantité très importante d’eau potable. L’empreinte eau du bœuf par calorie est environ vingt fois supérieure à celle des céréales ou des féculents. L’élevage contribue aussi à la pollution de l’air. Par exemple, en France, environ 70 % des émissions d’ammoniaque, un des principaux précurseurs de particules fines PM25, sont issues de l’élevage. Les dégâts environnementaux de la consommation de chair animale sont également constatés en mer, où la surpêche représente une cause massive de destruction des écosystèmes et d’extinction écologique.

La santé humaine est la deuxième raison objective de limiter la consommation de chair animale. L’intérêt que les êtres humains ont développé pour la viande ne présente plus aujourd’hui les mêmes bénéfices que durant d’autres périodes de l’évolution humaine. Selon les autorités scientifiques, la viande n’est absolument pas indispensable à l’équilibre alimentaire : dans tous les pays développés, elle peut être remplacée par des végétaux, lesquels fournissent des protéines et des nutriments que l’organisme peut assimiler. Manger moins de viande serait même favorable à la santé en contribuant à atténuer le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi que la viande rouge transformée était en effet une cause certaine de cancer, tandis que la viande rouge non transformée en était une cause probable. Aujourd’hui, les Français consommant près de 100 g de viande chaque jour augmentent de 30 % leur probabilité de développer un cancer en comparaison à ceux qui se limitent à 40 g en moyenne.

Plus globalement, si l’humanité optait pour une alimentation entièrement à base de végétaux, le taux de mortalité humaine chuterait entre 6 % et 10 %. Enfin, les risques sanitaires liés à l’élevage industriel sont un autre préjudice majeur : les fermes industrielles qui regroupent des milliers d’animaux dans des espaces très confinés facilitent la propagation d’épidémies et de souches bactériennes dont certaines sont résistantes aux antibiotiques.

Mutilations systématiques sans anesthésie

Actuellement, en une année, 74 milliards d’animaux terrestres (mammifères et oiseaux) et entre 500 et 1 000 milliards d’animaux aquatiques sensibles (poissons, crustacés décapodes, et mollusques céphalopodes) sont tués pour la consommation humaine. Les recherches récentes en éthologie indiquent que ces animaux disposent de structures anatomiques et de capacités cognitives et sensorielles leur permettant de ressentir la douleur, et leurs comportements indiquent qu’ils sont affectés lorsqu’ils sont blessés (ou même, pour une grande partie d’entre eux, lorsqu’ils voient leurs congénères l’être).

En France, 99 % des lapins, 95 % des cochons, 90 % des veaux et 82 % des poulets de chair sont élevés de manière intensive, c’est-à-dire qu’ils sont confinés dans des cages ou des bâtiments fermés afin de les engraisser et les maintenir en vie jusqu’à leur abattage précoce. L’image commerciale d’animaux heureux en élevage (bio ou non) est presque toujours fausse. Pour éviter les blessures dues à l’entassement des animaux ou pour le goût de la viande, l’élevage procède à des mutilations systématiques sans anesthésie (becs, cornes, pattes, dents, queues, testicules).

Enfin, après avoir subi des conditions de transport souvent inadéquates et brutales, la moitié des animaux abattus en France sont encore conscients lorsqu’ils sont saignés. Le sort des poissons n’est pas plus enviable que celui des animaux terrestres. Par exemple, dans le cas de la pêche au chalut, d’immenses filets en forme d’entonnoir capturent tous les animaux qui s’y amassent, mêlés à divers débris.

Déversés sur de la glace, ils y agonisent asphyxiés, écrasés par les autres poissons ou meurent par éclatement de leurs organes internes à cause de la décompression. Si l’on en doutait encore, une commission d’experts qualifiés a établi qu’« il n’y a aucune bonne raison de conclure que les poissons seraient insensibles à la douleur ».

En conclusion, pour l’un ou plusieurs des arguments que nous venons de mentionner (la planète, la santé et les animaux), il nous semble à la fois rationnel, souhaitable et réaliste d’infléchir nos habitudes, en commençant par nos repas chaque lundi. Bien que ces évolutions de pratiques individuelles ne soient pas suffisantes pour produire tout le changement nécessaire (qui relève naturellement d’un niveau plus global), nous pensons qu’elles y contribuent. C’est donc l’engagement que nous prenons publiquement et que nous vous invitons à prendre avec nous. »

Article extrait du journal Le Monde, édition du 2/1/2019, disponible depuis ce lien :  https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/02/l-appel-des-500-pour-un-lundi-vert-nous-nous-engageons-a-remplacer-la-viande-et-le-poisson-chaque-lundi_5404460_3232.html

La liste de l’ensemble des signataires est disponible depuis ce lien : https://www.lundi-vert.fr/wp-content/uploads/2018/12/signataires.pdf

Vote de la loi d’urgence sociale et économique : le temps du débat national est venu

Vote de la loi d’urgence sociale et économique : le temps du débat national est venu

Dans le cadre du débat public annoncé par le Président Emmanuel Macron, j’aurai l’honneur d’être coordinateur du Groupe Mouvement Démocrate pour la pratique de la démocratie et de la citoyenneté avec ma collègue Isabelle Florennes.
Je remercie notre Président de Groupe, Patrick Mignola pour sa confiance. Cette mission me tient particulièrement à cœur : nous devons inventer de nouveaux outils démocratiques !

 

Adoption de la directive « droit d’auteur » par le Parlement européen

Adoption de la directive « droit d’auteur » par le Parlement européen

« Une victoire pour la création et le pluralisme »

Le groupe Mouvement Démocrate et apparentés se réjouit de voir le Parlement européen adopter, ce jour, la directive sur le droit d’auteur à l’heure du numérique.

Les députés européens, réunis en séance plénière, ont adopté à une large majorité, cette directive essentielle à la préservation de la force créatrice de notre pays, en dépit d’un lobbying puissant des géants du numérique.

La France a vu naître le droit d’auteur qui fut une formidable avancée et qui a permis à des générations d’artistes de pouvoir enrichir notre pays de leurs inventions, sous toutes leurs formes.Il a aussi permis la vitalité du secteur de la création et de la presse. Il est de ce fait intimement lié à notre caractère démocratique. Or, les technologies du numérique, en bouleversant les circuits de la création, pouvaient tarir cette source.

Il était donc essentiel que la France et l’Europe se saisissent de ce sujet pour garantir la diversité culturelle par le droit d’auteur, et le pluralisme des médias, via la création d’un droit voisin au droit d’auteur.

Le groupe MoDem, depuis longtemps engagé sur le sujet de l’indépendance et du pluralisme de la presse, a proposé dès le mois de mai 2018 d’inscrire un tel droit dans notre droit national et se félicite de voir que la mobilisation initiée alors a pu porter ses fruits.

« La reconnaissance de nouveaux droits permettra un plus juste partage de la valeur, sans modifier pour autant les règles de liberté ou de gratuité pour les internautes. »
Patrick Mignola, vice-président du groupe MoDem, auteur de la proposition de loi visant à établir un droit voisin au profit des éditeurs de presse en ligne.

Il appartiendra désormais aux parlements nationaux de transcrire en droit national cette directive. Le groupe Mouvement Démocrate et apparentés est prêt à inscrire cette transposition à l’ordre du jour et veillera, en tout état de cause, à ce que ces mesures – consécration du droit d’auteur, adoption du droit voisin pour les éditeurs et agences de presse, responsabilisation des plateformes pour une meilleure répartition de la richesse – soient pleinement mises en œuvre.