Mercredi 31 mars, j’ai pris la parole en Commission des lois, au nom du Groupe MoDem et Démocrates apparentés, sur la proposition de loi constitutionnelle relative à la reconnaissance du vote blanc pour l’élection présidentielle.

Retrouvez mon intervention en vidéo :

« Le groupe démocrate est actif depuis plusieurs années en faveur de la prise en compte du vote blanc dans les suffrages exprimés. Le MoDem a d’ailleurs publié en janvier dernier un livre blanc intitulé : Agir contre l’abstention. Le vote blanc fait partie des propositions qui figurent dans ce livre blanc.

Un sondage de 2017 a révélé que 86 % des Français sont favorables à ce que le vote blanc soit considéré comme un suffrage exprimé.

La loi du 21 février 2014 (issue de l’adoption d’une proposition de loi UDI) n’a pas été le grand pas espéré pour la reconnaissance du vote blanc.

On pourrait dire que c’est un vote blanc inoffensif qui a été adopté. Cette loi n’est pas allée au bout de sa logique puisque, s’il est tenu compte du vote blanc dans le résultat du dépouillement, cette loi ne prévoit pas la prise en compte du vote blanc dans les suffrages exprimés.

Pourtant, le vote blanc est censé dire quelque chose. Il doit avoir un sens électoral.

En 2014, la reconnaissance du vote blanc dans le dépouillement a été aussi révélatrice que platonique.
• Révélatrice car elle permet de constater le désaveu de certains électeurs pour les candidats en lice ;
• Platonique car il n’est pas possible d’en tirer aucune conclusion pratique. Les bulletins blancs n’empêchent pas une élection. Ils ne pèsent pas sur le résultat du scrutin.

Voter blanc reste nul en quelque sorte, même si, depuis 2014, voter blanc et voter nul sont censés ne pas avoir la même signification.

Le groupe démocrate considère qu’il faut cesser cette politique des petits pas qui favorise l’abstention.

Il ne faut pas craindre la prise en compte des bulletins blancs dans les suffrages exprimés. Cela ne complique pas le processus de désignation des élus et ne modifie pas l’équilibre de nos institutions.

L’élection présidentielle demeure le scrutin le plus mobilisateur. Cependant, depuis quelques années, les chiffres démontrent un taux d’abstention en augmentation. L’élection présidentielle de 2017 a eu un taux d’abstention record au second tour, le plus élevé depuis l’élection présidentielle de 1969.

Nous croyons que la reconnaissance du vote blanc dans les suffrages exprimés sera un signe fort en faveur de la vitalité démocratique de notre pays. C’est important à l’heure où notre démocratie, confrontée à la crise sanitaire, voit de plus en plus de Français rester en retrait. Le fort taux d’abstention aux dernières élections municipales en est une triste illustration (une hausse de plus de vingt points par rapport à 2014).

Nous devons donner envie aux Français de retourner aux urnes. Nous devons leur dire que voter blanc est un vrai choix. C’est un vote qui a un sens électoral. Voter blanc ce n’est pas choisir la facilité. Certains électeurs ne se reconnaissent dans aucun candidat, dans aucun parti politique. Leur refus de choix, parmi les candidats en lice, est une attitude politique vis-à-vis de l’offre électorale qui ne peut être niée. »

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