« Madame la présidente,
Madame la rapporteure, chère Justine,
Chers (e) collègues,

Avoir accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme et un des Objectifs de développement durable.

Si la France paraît ne pas rencontrer de difficultés pour rendre ce droit effectif, en réalité des dysfonctionnements majeurs persistes dans certains territoires comme en Guadeloupe. Notre collègue rapporteure, Justine Bénin, l’a clairement indiqué : en Guadeloupe, le « service public de l’eau potable et de l’assainissement présente des carences graves et structurelles qui affectent son fonctionnement, avec des coupures d’eau fréquentes, d’ampleur et d’origines diverses ». Ce réseau de distribution d’eau, particulièrement vétuste, ne permet de distribuer qu’à peine plus d’un tiers de l’eau pompée ; le rendement du réseau n’est que de 40 à 50 %.


Ce constat alarmant est, en 2021, le même que celui de l’inspection générale de l’administration (IGA) qui, dans un rapport en 2018, pointait déjà du doigt « une situation de crise sévère, de caractère systémique, avec la multiplication des coupures, générant des risques pour la santé publique et des fortes contraintes économiques ». L’IGA appelait alors à un plan d’action ambitieux, indispensable et urgent.


Mais, chers collègues, ces dysfonctionnements ne datent pas de 2018, ils sont beaucoup plus anciens. Régulièrement la presse relate le quotidien de Guadeloupéens qui vivent au rythme des coupures d’eau, en raison d’un système de distribution non entretenu depuis très longtemps. Ainsi, début 2020, Odile racontait que dans son quartier, « il n’y a pas d’eau courante depuis un mois ». Avant, elle en avait « au moins deux ou trois nuits par semaine ».


Cette situation inacceptable est aggravée par la crise sanitaire de la Covid-19. En pleine pandémie, de nombreux Guadeloupéens subissent la double peine et leur vie s’organise autour d’une pénurie plus que jamais exacerbée.


Parmi les éléments qui ont concouru à cette désastreuse situation, il y a le caractère éclaté de la gestion des services d’eau et d’assainissement. Notre collègue Justine Bénin, rapporteure de ce texte l’a clairement dit : « Depuis 2016, cinq structures intercommunales exercent les compétences en cause – soit en régie, soit par délégation à un prestataire privé, si bien que les difficultés sont accrues par le fait que le périmètre administratif de ces structures et le périmètre technique des infrastructures ne coïncident pas.
C’est pourquoi, le groupe démocrate se réjouit que notre collègue Justine Bénin ait pris ce douloureux et difficile dossier à bras le corps. Il est urgent d’agir, urgent d’ouvrir la porte à une résolution pérenne de ces difficultés, urgent de mettre un terme aux atteintes portées à ce droit d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.


La proposition de loi que nous examinons aujourd’hui vise ainsi à améliorer la gouvernance de l’alimentation et de la distribution de l’eau, préalable indispensable pour moderniser les réseaux et répondre à l’urgence de la situation à travers, notamment, la création d’un service unique de l’eau potable et de l’assainissement en Guadeloupe continentale. Bien évidemment, il n’est pas question de remettre en cause les compétences légitimes des EPCI, mais de leur proposer un support pour initier une sortie de crise et poser les bases d’un avenir plus serein en matière de gouvernance de l’eau.


Ce texte, empreint de pragmatisme et de responsabilité est issu d’une longue phase de dialogue avec tous les acteurs concernés. Notre collègue Justine Bénin a su faire preuve d’écoute. Mais elle n’a pas fait qu’écouter, elle a entendu et agi. C’est pourquoi, je voudrais saluer son engagement, sa ténacité et son humanité. Votre engagement, madame la rapporteure, parce que, vous avez saisi ce dossier à bras le corps alors que vous saviez qu’une montagne d’obstacles se dressait devant vous ; votre ténacité parce que vous n’avez rien lâché, vous n’avez pas cédé aux sirènes de la résignation que certains vous invitaient à écouter pendant toute l’élaboration de ce texte ; votre humanité parce que c’est avec votre cœur de femme, de citoyenne, que vous avez appréhendé une situation héritée de pratiques anciennes et durablement installées. En travaillant à la résolution des difficultés qui conduisent régulièrement à une pénurie d’eau en Guadeloupe, vous avez démontré que si nous rassemblons toute notre énergie collective, nous pouvons avancer vers « cette fenêtre ouverte » sur un avenir plus radieux dont parlait Eluard, et retrouver la confiance indispensable à une action efficace.


Chers collègues, nous avons aujourd’hui la possibilité d’apporter une réponse concrète au problème de l’eau en Guadeloupe. Notre groupe, en inscrivant cette proposition de loi dans sa niche parlementaire a pris toutes ses responsabilités. Nous espérons, qu’à nos côtés, vous voterez en faveur de ce texte issu d’un travail de fond de notre collègue Justine Bénin. Rassemblons-nous pour ne laisser personne sur la bas-côté de la route qui mène au droit effectif d’accès à l’eau potable.

Je vous remercie. »

Souscrivez à ma lettre d'information

Rejoignez notre mailing list et recevez les dernières informations de la circonscription et de l'Assemblée nationale.

Merci pour votre inscription !