Les producteurs de betteraves sont à l’origine du vote sur la dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes : leurs cultures sont en proie aux pucerons qui propagent la jaunisse.

Ces députés bretons de la majorité qui ont voté contre les néonicotinoïdes – Bretagne – Le Télégramme

Mardi 6 octobre avait lieu à l’Assemblée le vote sur la dérogation de la mise sur le marché de certains pesticides, les décriés néonicotinoïdes. Plusieurs députés LREM en Bretagne ont voté contre. Ils expliquent leur choix.

Le débat sur la dérogation des néonicotinoïdes a des airs de guerre de position. Il y aurait, d’un côté, les défenseurs d’une agriculture intensive, et, de l’autre, les écolos qui veulent sortir de ce modèle d’agriculture. « Mon vote n’est pas celui d’un camp contre un autre », prévient Yannick Kerlogot, député LREM des Côtes-d’Armor. À rebours de son parti, il a voté non, mardi, à la dérogation de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques, dont les fameux néonicotinoïdes.

L’idée derrière cette loi, c’est de permettre aux producteurs de betterave sucrière, pour trois ans, d’utiliser des produits néonicotinoïdes pour combattre les pucerons verts, vecteur de la jaunisse, qui ravage les cultures après un hiver 2019-2020 trop doux.

Agriculteurs victimes

« Le véritable problème est celui du bouleversement climatique, rappelle Yannick Kerlogot. Et on n’en est qu’au début ». Sa solution ? « Il faut financer la recherche et le développement, accompagner l’agriculture vers un autre modèle. Je ne blâme pas les agriculteurs, ils sont les victimes d’un système ». Un constat que partage Erwan Balanant, député MoDem du Finistère, élu avec l’investiture de LREM : « Notre pays doit s’engager dans la transition agricole ».

Pour ces députés, l’un des problèmes de la loi votée mardi est qu’elle ne résoudrait pas le problème des producteurs de betteraves sucrières. Sandrine Le Feur, députée LREM de Morlaix (29), l’expliquait, dès la fin de la séance : « Les difficultés de la filière ont commencé par la fin des quotas européens de sucre. Ça a conduit à des productions excédentaires et à un effondrement des cours mondiaux ». Pour Jean-Charles Larsonneur, député Agir (ex-LREM), de Brest, la dérogation ne résout rien : « Sans évolution significative des modes de production, il n’y a pas de raison de penser que des maladies comme la jaunisse ne continueront pas à affecter la betterave ».

Le rôle du consommateur

Et, pour changer de modèle agricole, le député Kerlogot propose que le consommateur se fasse citoyen : « On ne peut pas exiger des produits de meilleure qualité sans y mettre le prix. Le consommateur doit accompagner le changement par ses choix, et non par ses seules intentions ». Son collègue d’Ille-et-Vilaine, Gaël Le Bohec, abonde : « Les ménages n’accordent que 15 % de leur budget à l’alimentation. Dans les années 60, c’était 35 % ».

Si la dérogation est passée (avec 313 voix pour, 158 contre et 56 abstentions), les députés LREM du « non » gardent espoir, comme Gaël Le Bohec : « Le vote n’était pas si unanime. Les autres filières doivent avoir conscience que les dérogations ne fonctionnent pas systématiquement ».

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