Un mois de congé paternité, dont sept jours obligatoires ? « Une belle avancée », selon Erwan Balanant, député Modem du Finistère et membre de la délégation parlementaire à l’égalité femmes-hommes.

Un congé paternité d’un mois, dont sept jours obligatoires, qu’est-ce que ça change ?

Beaucoup de choses ! Les spécialistes de la petite enfance le disent : pendant les premiers moments de l’enfant, se crée beaucoup de l’attachement qu’on va avoir pour lui par la suite. Cette mesure est une belle avancée car, pendant les sept premiers jours, le père sera avec la maman aux côtés de l’enfant. Et on le voit dans les pays qui ont développé depuis longtemps ce type de congé paternité, cela conduit le père à s’impliquer beaucoup plus par la suite. Cela fait une vraie différence en termes de charge mentale, qui est aujourd’hui essentiellement prise par les mères.

Le rapport Cyrulnik sur les « 1 000 premiers jours de l’enfant » recommandait un congé paternité de neuf semaines. N’êtes-vous pas trop déçu qu’on reste au milieu du chemin ?

Bien sûr, j’aimerais qu’on aille plus loin, mais je me félicite vraiment que cela avance ! On ne peut faire autrement que procéder par étapes, car il y a une question de financement. Cette mesure, mine de rien, cela représente 500 millions d’euros sur une année pleine pour la Sécurité sociale, et sans doute un peu plus à terme car le taux de recours devrait augmenter.

Sept jours obligatoires, est-ce que c’est suffisant pour faire évoluer les mentalités ?

Avoir une obligation, c’est un vrai message. Sinon, on sait bien qu’il peut y avoir des inerties. Je suis persuadé que des pères qui peuvent être réticents vont passer un moment extraordinaire et se diront que c’est génial de s’occuper de ses enfants.

L’une des seules voix discordantes est celle de la CPME, organisation patronale des PME. Comprenez-vous son inquiétude ?

Je comprends, mais le dispositif va être porté par la Sécurité sociale, donc cela n’aura pas d’implication financière forte pour les petites entreprises. L’intérêt de cette mesure, c’est que cela va répartir la tâche de la parentalité dans l’entreprise, qui était essentiellement fléchée vers les femmes. Beaucoup de discriminations salariales viennent de là. Que ce moment où les parents doivent quitter l’entreprise soit partagé, je trouve ça bien.

La France est revenue dans le peloton de tête européen concernant le congé paternité mais elle reste mal placée concernant le congé parental. Êtes-vous favorable à ce que ce dernier soit mieux rémunéré ?

Encourager cet arrêt par une valorisation plus importante serait intéressant. Mais il faut trouver un équilibre entre cette idée de partage, cette idée d’implication des hommes à parts égales, et la nécessité de préserver les équilibres financiers. 

C’est un sujet de société qui doit être collectivement partagé par tous les partis et par les citoyens. Si on réussit à avancer, tout le monde sera gagnant : les enfants, les parents, et la société parce qu’on sait que les inégalités femmes-hommes coûtent cher d’un point de vue économique.

Pour relire l’intégralité de l’article, cliquez ici

Souscrivez à ma lettre d'information

Rejoignez notre mailing list et recevez les dernières informations de la circonscription et de l'Assemblée nationale.

Merci pour votre inscription !