Madame Élisabeth BORNE,
Ministre de la Transition écologique et solidaire

246, Boulevard Saint Germain

75007 PARIS

Quimperlé, le 9 juin 2020

Madame la ministre,

Mon attention a été appelée, une nouvelle fois, sur la situation de plus en plus compliquée des agriculteurs, confrontés depuis plusieurs années à l’expansion très importante des choucas des tours.

Comme vous le savez, le choucas des tours est une espèce protégée par l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire. Le choucas des tours bénéficie également d’un statut de protection au niveau européen dans le cadre de la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009.

Épisodiquement, des réunions de travail ont regroupé services de l’État, associations, chambre d’agriculture pour étudier les solutions susceptibles d’endiguer ce qui constitue un fléau et désormais une véritable urgence. Une meilleure connaissance de l’espèce était devenue une nécessité pour mettre en oeuvre un véritable plan de gestion de l’espèce.

C’est pourquoi, suite à différentes rencontres regroupant tous les acteurs, une étude a été engagée sous l’égide de la DREAL Bretagne pour étudier les différentes composantes de vie de l’espèce. Interrompue par la crise sanitaire, les conclusions de ce travail ne seront connues qu’en 2022.

En attendant, les agriculteurs sont résignés face au phénomène : ne pouvant être remboursés des dégâts occasionnés à leur culture, toute déclaration leur paraît vaine et inutile ; en outre, comme je l’avais déjà évoqué à votre prédécesseur, Nicolas Hulot, le rapport entre autorisation de prélèvement et prolifération est trop déséquilibré pour permettre d’endiguer voire même stabiliser l’augmentation de l’espèce. Enfin, cette surpopulation de choucas pose aussi la question de son impact sur le reste des oiseaux et de la faune. Pour combattre le phénomène, une dérogation portant le prélèvement à 12 000 oiseaux a été accordée en 2020. Si cette augmentation des tirs est une première réponse et même si le nombre de prélèvements maximum n’a pas été atteint, la réponse n’est pas appropriée. Par ailleurs, le système d’effarouchement sonore ne résout que très rarement les difficultés sur un territoire, un

groupe d’exploitations ; le problème est seulement déplacé d’une parcelle à une autre. J’ajoute que les explosions provoquées gênent de plus en plus les populations locales dans leur environnement sonore.

Nous avons réussi dans mon territoire en coordination avec tous les acteurs à mettre en place une expérimentation qui porte dès à présent des résultats et qui a été salué par les associations environnementales, les chasseurs et les agriculteurs mais il faut aller plus loin. Je travaille en concertation avec le préfet du Finistère, Pascal LELARGE, qui vous a interpellé sur cette question.


Si le déclassement de l’espèce apparaît extrêmement compliqué, long, voire impossible, des mesures immédiates doivent être prises :

  • Puisque l’espèce est protégée, ne conviendrait-il pas d’indemniser les dégâts agricoles qui s’élèvent à plus d’1 million d’euros selon les estimations de la Chambre d’agriculture du Finistère ? Ne pourriez-vous pas mettre un fonds d’indemnisation en partenariat avec la Région Bretagne ?
  • Parallèlement, les dégâts provoqués impactant également les bâtiments publics et privés, il est nécessaire d’inciter les propriétaires d’habitations à prendre des mesures réduisant la reproduction des choucas qui utilisent les cheminées pour y établir leurs nids. Un co-financement associant les collectivités locales, l’État et les propriétaires apparaît indispensable pour engager une action d’envergure en ce sens.

C’est pourquoi, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître quelles actions l’État est prêt à mettre en œuvre pour aider nos agriculteurs, déjà en difficultés, à combattre un fléau que nous ne maîtrisons plus.

Erwan Balanant

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