Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, le président du groupe MoDem intime le gouvernement à convoquer une grande conférence pour répondre aux souffrances des Français.

Patrick Mignola, président du groupe MoDem, et les députés Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine, président du groupe Union Centriste, et Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis, président du groupe UDI-AGIR

« La France serait à la veille d’une nouvelle convulsion. Pourtant le Gouvernement et la majorité ont traduit en actes, et en argent public, les mesures d’urgence sociale voulues par le Président de la République. Baisse d’impôts sans précédent, baisse de charges salariales, prime d’activité, prime Macron, heures supplémentaires défiscalisées … Et pourtant, les Français souffrent toujours et peinent à croire en un espoir collectif.

Les clignotants économiques ont beau passer au vert, le pays reste démoralisé. Pire, il se morcelle en catégories corporatistes, territoriales, et même cultuelles qui se vivent en compétition, parfois en confrontation.

Notre devoir est de répondre à cette dépression. Pour dessiner, sans attendre le 5 décembre (NDLR : cinq syndicats ont appelé à une grève illimitée à partir de cette date), le chemin vers un sursaut national. Le gouvernement doit convoquer une grande conférence sociale. Elle devra rassembler les forces vives, et en particulier les représentations patronale et syndicale. Tendons-leur la main, sur le modèle de la mobilisation nationale pour l’emploi et la transition écologique, qui tarde trop à se concrétiser.

Le 5 décembre, il n’y aura ni vainqueurs ni vaincus, il y aura toujours un pays en proie au doute et des responsables politiques, économiques et sociaux qui auront l’obligation d’apporter des réponses. L’Etat a mis sur la table des solutions et des financements. Peut-être insuffisants, ou imparfaits, ou mal répartis mais il a fait sa part du chemin. Plutôt que de le laisser seul face à la rue, tous les acteurs sociaux doivent se retrouver pour inventer la grande négociation collective, le Grenelle du XXIe siècle.

Il y a consensus sur les origines du mal : dans une mondialisation désordonnée et surtout dérégulée, le capitalisme provoque plus que jamais des inégalités grandissantes. Chaque Français sent bien que la croissance générale profite principalement à quelques-uns, dans un phénomène d’accélération exponentielle. C’est un phénomène mondial que nous devons apprendre à maîtriser.

En dix ans, la rémunération du capital a augmenté 7 fois plus vite que la rémunération du travail. Force – et gêne – est de constater que, durant l’année des Gilets jaunes, les distributions de dividendes ont battu leur record historique et que les émoluments des patrons du CAC 40 ont crû de 14 %. Qu’on soit de droite, du centre ou de gauche, cette seule énonciation provoque l’indignation, explique la révolte. C’est donc le rééquilibrage entre le prix du travail et celui du capital que cette conférence sociale doit négocier.

Nous martelons tous, depuis des lustres, que le travail doit mieux payer. Il faut le faire enfin. Le gouvernement a augmenté le pouvoir d’achat en allégeant la feuille d’impôt, les entreprises et les syndicats doivent s’accorder pour augmenter la feuille de paie. Car il s’agit bien sûr d’argent pour vivre mieux et pouvoir participer au grand défi de la transition écologique : manger mieux, se déplacer mieux, habiter mieux, nécessite d’être mieux payé. Penser un capitalisme à visage humain est redevenu urgent. C’est ce que nous demandons au gouvernement et aux représentants élus du monde patronal et syndical : nous devons bâtir ensemble un élan national, qui réconcilie les Français autour de la lutte contre les inégalités. Telles peuvent être les prémices d’un projet qui rassemble la France. »

Pour relire l’intégralité de l’article, cliquez ici