Le député de la huitième circonscription du Finistère a rencontré, longuement, des représentants des groupes de Concarneau et de Quimperlé. Il a promis de les revoir, régulièrement, dans les semaines à venir.

Il les a reçues à sa permanence, située rue Bayard à Concarneau. Pendant près de deux heures, Erwan Balanant, le député de la huitième circonscription du Finistère, a échangé avec Aurélie et Laëtitia, les deux représentantes des Gilets jaunes concarnois. Une discussion à bâtons rompus où de nombreux

sujets, comme les taxes sur le carburant, le pouvoir d’achat ou encore l’écologie, ont été évoqués. Un échange courtois, en préambule duquel le député MoDem s’est voulu conciliant.

« Je partage votre colère, qui est issue des politiques menées depuis trente ans. C’est le gouvernement actuel qui paye les pots cassés, mais on est élu pour ça. Si je me suis engagé politiquement, c’est pour essayer de changer les choses. »

« Avant de faire des propositions, il faut discuter »

Un discours qu’il a servi, à deux reprises. À la fois devant les représentants concarnois puis, deux heures plus tard, lorsque les Gilets jaunes de Quimperlé se sont présentés à sa permanence. S’ils sont restés polis, les échanges ont été un peu plus vifs. Au bout de quelques minutes, un Gilet jaune, qui filmait l’entretien pour le retransmettre en direct sur les réseaux sociaux, a ainsi interpellé Erwan Balanant. « Discuter ici ne sert à rien car vous ne proposez rien de concret. »

« Avant de faire des propositions, il faut discuter , a répondu le député.  Je suis là, dans un premier temps, pour vous écouter. Et je vous propose, comme je l’ai déjà fait avec les représentants de Concarneau, que l’on se voit régulièrement dans les trois mois à venir (le temps de concertation fixé par le gouvernement) . »

« Il a envie de nous écouter et de nous aider »

À l’issue de ce premier rendez-vous avec leur député, les Gilets jaunes se montraient satisfaits. « Il est accessible. J’ai le sentiment qu’il a envie de nous écouter et de nous aider » , lançait, par exemple, Natacha, du groupe de Quimperlé. « Nos revendications doivent maintenant remonter jusqu’à M. Macron » , soulignait, de son côté, la Concarnoise Laëtitia.

« La proposition de travailler sur le moyen et long terme est intéressante , enchaînait, Aurélie, l’autre représentante des Concarnois en colère.  On savait, en venant ici, qu’on n’allait pas obtenir de réponses à l’issue du premier rendez-vous. Ce n’est pas possible, sachant qu’il fallait, d’abord, qu’on lui présente nos revendications de façon précise. Il n’y a que le temps qui dira si on a été entendu… » « On est peut-être utopiste, mais on espère pouvoir faire changer les choses » , estimait, de son côté, Wilfried.

En attendant, les Gilets jaunes ont prévu de poursuivre leur mouvement, voire de l’intensifier. À Concarneau, deux abris de fortune, construits à partir de palettes, ont été érigés au rond-point de La Boissière, près de la RN165.

À Quimperlé, les Gilets jaunes n’ont pas quitté le rond-point de Kervidanou depuis le début du mouvement. « Si rien ne bouge « en haut », on ne bougera pas. On passera Noël et le Nouvel an dehors s’il le faut , promet Mickaël.  Pour l’instant, on filtre mais s’il le faut, on mettra des blocages en place. »

« Le but n’est pas de prendre en otage les citoyens, car ils sont avec nous , note Wilfried.  On veut aussi mener des opérations différentes, où on pourra vraiment bloquer l’État. » Après leur échange avec Erwan Balanant hier, les Gilets jaunes ont été conviés à rencontrer Pascal Lelarge, le préfet, lundi, à Quimper. Le député, lui, les a invités à l’Assemblée nationale. « Mais sans votre gilet jaune. »

 

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