Le Président de la République s’est rendu hier après-midi à l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire, à Agen. Cette visite intervient en amont du projet de loi de programmation de la justice qui nous amènera à réfléchir sur le sens et la nature des peines, en particulier de la détention.
Avec un taux d’occupation atteignant 200% dans certains établissements carcéraux et des conditions de détention indignes, la France a été condamnée à de multiples reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme.
Aujourd’hui, les détenus ne sont pas seulement privés de leur liberté, ils se voient renier la reconnaissance de leur dignité humaine. Cela est inacceptable.
Une peine doit traditionnellement poursuivre une double finalité : assurer la sécurité au sein de la société et contribuer à la réinsertion de l’individu concerné. Or, notre système actuel se concentre presque exclusivement sur l’objectif sécuritaire et ce dernier ne peut être atteint sans aider les détenus à préparer leur sortie.
En effet, alors que l’emprisonnement représente un coût économique, social et humain considérable, le taux de récidive parmi les condamnés à une peine de prison ferme s’élève à 61%. Certaines défaillances de notre système carcéral, malgré le remarquable travail des personnels de l’administration pénitentiaire, condamnent ainsi notre société à une double peine !
Ce constat rend indispensable un changement de paradigme. A cet égard, notre responsabilité de femmes et d’hommes politiques est forte. Nous devons promouvoir une nouvelle vision de la peine, permettant la réinsertion. L’emprisonnement synonyme de souffrance physiques et psychologiques doit être banni, au profit de nouvelles formes de peines, notamment le développement de prisons ouvertes.
Le Président de la République a fait des annonces qui vont dans le bon sens mais je pense que nous devons aller plus loin.
Au moment où le Gouvernement s’engage à créer des nouvelles places de prison, ne pourrions-nous pas concevoir également un nouveau modèle carcéral ?
Ne nous faut-il pas imaginer des prisons ouvertes où la peine n’induit pas seulement l’enfermement mais le respect de règles imposées au condamné et la mise en place d’un véritable parcours de réinsertion ?