M. Erwan Balanant attire l’attention de M. le ministre de l’économie et des finances sur la restructuration débutée fin août 2017 par la société ENGIE.
En effet, alors que le Président de la République s’insurge contre le dumping social pratiqué en Europe, ENGIE externalise une partie de son activité de commercialisation de gaz et d’électricité. Fin 2017, l’équivalent de 1 200 emplois, soit 30 % de l’activité service clients sera réalisées par des prestataires à l’étranger, notamment au Maroc, au Portugal à l’île Maurice. Le choix d’ENGIE se porte sur des pays où le coût horaire de la minute d’appel est particulièrement attractif.
En effet, alors qu’en France le coût d’un appel à la minute revient à 1,60 euro, le coût à la minute au Maroc est divisé par deux soit, 0,80 euros et diminue jusqu’à 0,20 euros à l’île Maurice.
Pourtant le groupe ENGIE ne peut nullement avancer l’argument économique pour justifier de telles pratiques, puisqu’il enregistre en 2017 une nette progression de ses bénéfices. En France, l’activité clientèle d’ENGIE représente une dizaine de centrales d’appel, localisées sur plusieurs agglomérations dont Caen, Dunkerque, Montigny-Lès-Metz, Toulouse ou encore Quimper, c’est donc environ 4 000 emplois qui seraient in fine concernés par cette restructuration, dont 1 000 emplois internes au groupe ENGIE et 3 000 emplois confiés à des prestataires extérieurs. Par ailleurs, laisser un tel transfert d’emplois se poursuivre c’est accepter et cautionner des fermetures de sites dans des bassins d’emplois déjà fragilisés, ce qui participe à la désertification des territoires. Conscients de l’enjeu que représente un tel sujet, d’autres parlementaires et M. le député avaient envoyé à M. le ministre un courrier détaillant le contexte.
La réponse apportée ne semble pas suffisante, puisque M. le ministre renvoie l’affaire à de M. Jean-Pierre Floris, sans se prononcer sur la problématique exposée.
Dans cette situation, le Gouvernement compte-t-il rencontrer les dirigeants d’ENGIE pour les interroger au sujet de cette restructuration ? Comment le Gouvernent compte-t-il agir pour faire face à cette dernière ? Une telle entrevue serait d’autant plus justifiée que l’État français est actionnaire de référence du groupe ENGIE, et ne peut donc pas rester inactif. Il lui demande si le Gouvernement compte adopter un dispositif similaire à celui récemment signé par le ministre du développement économique italien en vue de définir les bonnes pratiques sociales et commerciales en matière de service clientèle et qui a pour but de limiter les délocalisations.

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