Depuis plusieurs années, la majorité des pêcheurs européens s’efforce de respecter un processus de développement d’une pêche durable. Malgré les efforts et la prise de conscience de tous les acteurs de la filière, la ressource et les stocks de poissons n’ont jamais été aussi faibles et la situation générale est alarmante.

La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998. Cependant, les armateurs néerlandais, sous couvert de pseudo expérimentations scientifiques, ont obtenu des dérogations et cherchent aujourd’hui à permettre que leurs techniques destructrices soient reconnues comme une pêche conventionnelle.

C’est inacceptable. Cette pêche, prohibée par les grandes nations ainsi que par les objectifs de développement durable, ne peut être l’arme fatale de groupes industriels sans vergogne, disposés à vider la mer et détruire les écosystèmes déjà fortement fragilisés.

Il ne peut y avoir d’extensions des dérogations actuelles, ces dernières n’auraient jamais dû exister et doivent disparaître, dans les plus brefs délais.

Il s’agit d’une question éthique, environnementale, économique et morale.

Au moment où le Parlement européen se saisit de la question, il ne pourrait être possible de céder à la pression des industriels néerlandais, au détriment des pêcheurs du Nord de la France, de la Manche et de Bretagne.

La place réservée à la pêche électrique permet de définir la relation que nous souhaitons entretenir avec nos mers et océans. Elle soulève également la question suivante : à quelle société aspirons-nous ?

Souhaitons-nous une pêche industrielle destructrice des écosystèmes, des emplois et des savoirs-faire ? Une pêche produisant du poisson de mauvaise qualité, sans aucune vision de durabilité et de préservation des espèces ? Ou désirons-nous préserver un modèle de pêche artisanal, respectueux de la diversité de nos océans et créant des relations économiques vertueuses sur les territoires maritimes ?

La France, le gouvernement et les élu.es doivent unanimement se mobiliser contre la pêche électrique, afin de rendre son interdiction effective, comme cela est le cas dans le reste du monde.